L’Islande hors saison : une aventure entre volcans et aurores boréales

# L’Islande hors saison : une aventure entre volcans et aurores boréales

L’Islande attire chaque année des millions de visiteurs séduits par ses paysages lunaires, ses cascades puissantes et ses phénomènes naturels spectaculaires. Pourtant, la majorité de ces voyageurs se concentre sur les mois d’été, créant une affluence touristique qui peut parfois nuire à l’authenticité de l’expérience. Choisir de découvrir cette île fascinante pendant la basse saison représente une opportunité unique d’explorer ses merveilles naturelles dans des conditions plus intimes et souvent plus spectaculaires. Entre octobre et mars, l’Islande se transforme en un royaume hivernal où les volcans enneigés côtoient les aurores boréales dansantes, offrant aux voyageurs aventureux une expérience incomparable.

Cette période hors des sentiers battus présente des avantages considérables : des tarifs d’hébergement significativement réduits, une absence quasi totale de foule sur les sites majeurs, et surtout, la possibilité d’observer les aurores boréales qui illuminent le ciel arctique. Les paysages volcaniques prennent une dimension encore plus dramatique sous leur manteau blanc, tandis que les sources thermales fumantes offrent un contraste saisissant avec les températures glaciales. Cette saison exige certes une préparation minutieuse et un équipement adapté, mais elle récompense généreusement ceux qui osent affronter les éléments.

Planifier son voyage en islande pendant la basse saison touristique

La planification d’un voyage hivernal en Islande diffère fondamentalement d’une visite estivale. Les conditions météorologiques imprévisibles, les heures de luminosité réduites et l’accessibilité limitée de certaines régions nécessitent une organisation rigoureuse. Contrairement à l’été où l’improvisation reste possible, l’hiver islandais demande anticipation et flexibilité. Les voyageurs doivent accepter que certains itinéraires puissent être modifiés en fonction des conditions climatiques, tout en gardant à l’esprit que ces contraintes font partie intégrante de l’aventure.

Octobre à mars : fenêtre optimale pour éviter l’affluence estivale

La période s’étendant d’octobre à mars constitue la véritable basse saison touristique en Islande. Durant ces mois, le nombre de visiteurs chute de manière spectaculaire, passant de plusieurs dizaines de milliers de touristes quotidiens en juillet à quelques milliers seulement en janvier. Cette baisse drastique transforme radicalement l’expérience touristique. Les sites emblématiques comme Gullfoss ou Jökulsárlón retrouvent leur tranquillité, permettant une contemplation paisible sans la cohue habituelle. Les photographes apprécient particulièrement cette période pour capturer des images sans hordes de visiteurs dans le cadre.

Chaque mois hivernal offre des caractéristiques distinctes. Octobre et novembre marquent la transition automnale avec des températures encore relativement clémentes et les premières aurores boréales. Décembre et janvier plongent l’île dans une semi-obscurité avec seulement 4 à 5 heures de lumière du jour, créant une atmosphère mystérieuse mais limitant les activités diurnes. Février et mars représentent souvent le meilleur compromis : les journées s’allongent progressivement, les températures restent hivernales sans être extrêmes, et les aurores boréales demeurent visibles. Cette dernière période attire d’ailleurs un nombre croissant de voyageurs avisés recherchant l’équilibre parfait entre conditions hivernales et luminosité suffisante.

Conditions météorologiques et températures hivernales is

landaises varient fortement d’une région à l’autre, mais restent globalement plus douces qu’on ne l’imagine pour une destination proche du cercle polaire. Sur la côte sud et autour de Reykjavik, le thermomètre oscille le plus souvent entre -5 °C et 5 °C grâce au Gulf Stream, alors que l’intérieur des terres et le nord du pays peuvent connaître des froids plus marqués, jusqu’à -15 °C en cas de vague de froid.

Plus que les températures, ce sont le vent et l’humidité qui donnent la sensation de froid. Une journée à 0 °C avec un vent à 60 km/h peut paraître beaucoup plus rude qu’un -10 °C sec et calme. Les précipitations se présentent sous forme de neige, de pluie ou de grésil, parfois au cours de la même journée. La météo change vite : en une heure, vous pouvez passer d’un ciel bleu à un blizzard. Il est donc indispensable de consulter quotidiennement les prévisions locales (Vedur.is, Safetravel.is) et d’adapter votre programme en conséquence.

En contrepartie, ces conditions hivernales transforment les paysages : cascades en partie gelées, plages de sable noir saupoudrées de neige, champs de lave immaculés… La lumière, très rasante en hiver, crée des ambiances quasi cinématographiques. En acceptant cette part d’incertitude météorologique, vous découvrirez une Islande plus sauvage, plus authentique et infiniment photogénique.

Location de véhicule 4×4 et conduite sur routes F enneigées

Pour profiter pleinement d’un voyage en Islande hors saison, la question du véhicule est centrale. De novembre à mars, un 4×4 équipé de pneus hiver cloutés est fortement recommandé, voire indispensable si vous quittez la Route 1. La majorité des loueurs sérieux incluent désormais ces pneus dans leurs offres hivernales, mais vérifiez systématiquement ce point avant de réserver. Privilégiez également une assurance étendue (gravier, sable et cendres) afin de voyager l’esprit plus léger.

Les fameuses routes F, qui traversent les Hautes Terres, sont en revanche fermées une grande partie de l’année, généralement de septembre à fin juin. En hiver, oubliez donc l’idée de rouler sur ces pistes de montagne : la circulation y est tout simplement interdite et dangereuse. En revanche, de nombreuses routes secondaires restent ouvertes et permettent d’accéder à des sites volcaniques majeurs ou à des zones d’observation des aurores boréales, à condition de respecter les consignes de sécurité.

Conduire en hiver en Islande demande prudence et humilité. Vous devrez composer avec le verglas, les bourrasques de vent latéral et parfois la neige qui recouvre entièrement la chaussée. Avant chaque départ, consultez le site des routes (Road.is) pour vérifier l’état du réseau et les éventuelles fermetures. En cas d’alerte météo orange ou rouge, mieux vaut renoncer à une étape et rester à l’abri : en Islande, ce n’est pas vous qui décidez de l’itinéraire, c’est la nature. En adoptant une conduite souple, en anticipant largement et en limitant vos distances quotidiennes, vous profiterez malgré tout d’un road-trip spectaculaire et sécurisé.

Budget voyage : économies substantielles hors période juin-août

Voyager en Islande en hiver permet de réduire sensiblement son budget global, sans pour autant sacrifier la qualité du séjour. Les billets d’avion au départ de l’Europe continentale sont souvent 20 à 40 % moins chers qu’en plein été, en particulier en dehors des vacances de Noël et de février. Côté hébergement, la différence est encore plus marquée : de nombreuses guesthouses et petits hôtels appliquent des tarifs basse saison avec des réductions allant jusqu’à -50 % par rapport à juillet-août.

La location de voiture suit la même logique : un 4×4 moyen de gamme peut coûter deux fois moins cher en novembre qu’en plein mois de juillet. Certes, il faut parfois ajouter le prix d’options spécifiques (pneus cloutés, assurance renforcée), mais le bilan reste généralement positif. Les activités encadrées (sorties grotte de glace, motoneige, observation des baleines) peuvent être légèrement moins onéreuses, ou à défaut plus facilement négociables en petit groupe. Et surtout, vous bénéficiez d’un rapport qualité/prix incomparable, puisque vous vivez les sites presque seuls.

Seule constante, quelle que soit la saison : le coût de la vie sur place reste élevé, notamment pour les restaurants et l’alcool. Pour maîtriser votre budget, privilégiez les supermarchés locaux pour vos repas du midi, profitez des petits-déjeuners souvent copieux des hébergements, et réservez en amont les activités incontournables pour éviter les hausses de dernière minute. En optimisant ainsi vos dépenses, un voyage en Islande hors saison devient nettement plus accessible que durant les mois d’été les plus prisés.

Explorer les sites volcaniques islandais accessibles en hiver

Choisir l’Islande en hiver ne signifie pas renoncer à la découverte de ses volcans, bien au contraire. De nombreux sites volcaniques restent accessibles et offrent même, sous la neige, une dimension dramatique supplémentaire. Cratères enneigés, champs de lave figés sous une fine couche immaculée, zones géothermiques fumantes au milieu du givre : le contraste entre feu et glace n’a jamais été aussi palpable.

Cratère du kerið et zone géothermique de haukadalur

À une quarantaine de minutes de Reykjavik, le cratère de Kerið constitue une introduction idéale au volcanisme islandais hivernal. Ce maar presque circulaire, aux pentes rouges et noires, se remplit l’hiver d’un lac partiellement gelé. Une boucle facile permet d’en faire le tour, voire de descendre au fond si les conditions d’enneigement le permettent. Sous la neige, les contrastes de couleurs sont saisissants : le rouge des scories, le blanc du manteau neigeux et le bleu profond de la glace composent un tableau presque irréel.

Non loin de là, la vallée de Haukadalur abrite l’une des zones géothermiques les plus actives d’Islande, célèbre pour ses geysers. En hiver, la vapeur chaude qui s’élève des fumerolles tranche avec l’air glacé ambiant, créant des nuages dansants qui enveloppent parfois tout le paysage. Marcher entre les bassins bouillonnants et les solfatares recouverts de givre donne la sensation d’évoluer dans un laboratoire naturel à ciel ouvert.

Le geyser Strokkur, star de la zone, entre en éruption toutes les 5 à 10 minutes, projetant une colonne d’eau chaude à plus de 20 mètres de hauteur. En basse saison, vous pouvez vous positionner librement pour l’observer et le photographier, sans être pressé par une foule compacte. Pensez simplement à protéger votre appareil photo des embruns et à porter des crampons légers, car les sentiers autour des bassins deviennent rapidement verglacés.

Volcans actifs : hekla, katla et surveillance sismique permanente

Parler d’Islande sans évoquer ses volcans actifs serait impensable. Même si l’accès direct à des géants comme l’Hekla ou le Katla est limité en hiver, leur présence se fait sentir partout dans le paysage. L’Hekla, l’un des volcans les plus surveillés du pays, domine les plaines du sud avec sa silhouette enneigée. Considéré au Moyen Âge comme « la porte de l’enfer », il reste aujourd’hui sous étroite surveillance scientifique, ses caprices pouvant avoir des conséquences jusqu’en Europe continentale.

Le Katla, lui, sommeille sous la calotte glaciaire du Mýrdalsjökull, non loin du village de Vík í Mýrdal. Sa prochaine grande éruption est attendue par les volcanologues avec un mélange d’appréhension et de fascination. C’est l’un des meilleurs exemples de volcanisme sous-glaciaire, capable de générer des jökulhlaups, ces gigantesques crues d’eau de fonte glaciaire chargée de cendres qui emportent tout sur leur passage.

Pour les voyageurs, la bonne nouvelle est que l’Islande a mis en place un système de surveillance sismique et volcanologique parmi les plus performants au monde. Les risques sont étroitement suivis par l’Office météorologique islandais, qui publie en temps réel des bulletins d’alerte accessibles au grand public. En cas d’activité anormale, les routes et zones à risque sont fermées préventivement. En respectant scrupuleusement ces consignes et en planifiant vos randonnées avec un guide local lorsque vous approchez de ces géants, vous profitez pleinement du spectacle volcanique tout en limitant les risques.

Champs de lave de eldhraun et formations basaltiques gelées

Sur la route qui relie Vík à la région du Vatnajökull, le champ de lave d’Eldhraun s’étend à perte de vue. Issu de l’une des plus grandes éruptions historiques, celle du Laki en 1783-1784, ce paysage chaotique recouvert d’une épaisse mousse verte prend en hiver des allures lunaires. La neige s’accroche aux reliefs de la lave pétrifiée, soulignant les formes tourmentées des coulées figées. Une courte marche sur les sentiers balisés permet de s’immerger dans ce désert minéral sans piétiner la mousse fragile, qui met plusieurs décennies à se reconstituer.

Plus à l’ouest, les colonnes basaltiques de la plage de Reynisfjara, près de Vík, offrent un autre visage du volcanisme islandais. Ces orgues basaltiques, formés lors du refroidissement lent de la lave, se dressent en falaises géométriques face à l’Atlantique nord. En hiver, la combinaison des vagues puissantes, de la neige et du ciel souvent dramatique crée des scènes spectaculaires, prisées des photographes. Il est toutefois crucial de rester à distance du rivage, les « vagues scélérates » pouvant surprendre les visiteurs inattentifs.

On retrouve ces mêmes formations basaltiques dans d’autres sites accessibles en basse saison, comme la cascade de Svartifoss dans le parc de Skaftafell. Là, un rideau d’eau se jette devant une paroi d’orgues basaltiques presque parfaites, partiellement recouvertes de glace en hiver. L’ensemble donne l’impression d’un orgue monumental sculpté par la nature, figé dans la glace le temps de la saison froide.

Grottes de glace sous le glacier vatnajökull

Parmi les expériences les plus emblématiques d’un voyage en Islande en hiver, la visite des grottes de glace du Vatnajökull figure en bonne place. Chaque année, à partir de novembre, des guides spécialisés explorent le glacier pour localiser de nouvelles cavités formées par la fonte estivale et les mouvements internes de la glace. Ces grottes sont éphémères : elles se métamorphosent, se déplacent ou disparaissent entièrement d’une saison à l’autre, ce qui rend chaque visite véritablement unique.

Accéder à ces cathédrales de glace requiert un encadrement professionnel. Vous êtes équipés de crampons, de casques et parfois de baudriers, puis transportés en super-jeep jusqu’au pied des langues glaciaires. À l’intérieur, la lumière filtrant à travers des mètres de glace compresse révèle une palette de bleus fascinante, du turquoise laiteux au bleu nuit presque opaque. Les bulles d’air figées, les strates de cendres volcaniques piégées dans la glace racontent l’histoire climatique et géologique du pays.

La sécurité reste la priorité absolue : aucune grotte n’est accessible sans l’avis d’un guide certifié, qui évalue en permanence la stabilité de la structure. Pour vous, c’est la garantie de vivre l’une des plus belles expériences glacées au monde dans des conditions optimales. En planifiant cette excursion au cœur de votre séjour, vous conjuguez découverte du volcanisme et immersion totale dans l’univers des glaciers islandais.

Aurores boréales : phénomène KP-index et zones d’observation privilégiées

L’une des principales raisons de choisir l’Islande hors saison est bien sûr la possibilité d’observer les aurores boréales. Entre septembre et avril, les nuits suffisamment longues et sombres offrent une fenêtre idéale pour assister à ce ballet de lumières vertes, parfois teintées de rose ou de violet. Mais comment savoir si le spectacle aura lieu ? C’est là qu’intervient le fameux indice KP.

Application my aurora forecast et prévision d’activité solaire

L’indice KP mesure l’intensité de l’activité géomagnétique sur une échelle de 0 à 9. Plus il est élevé, plus les aurores boréales sont susceptibles d’être visibles à des latitudes basses. En Islande, un indice KP de 2 ou 3 suffit souvent pour observer des aurores, à condition que le ciel soit dégagé. Une analogie simple : considérez le KP comme la « puissance » de la musique et les nuages comme des murs ; même avec un bon volume, vous ne verrez rien si le rideau nuageux est trop épais.

Des applications comme My Aurora Forecast ou Aurora Alerts agrègent les données de différents observatoires pour proposer une prévision synthétique de l’activité aurorale. Elles indiquent l’indice KP en temps quasi réel, la couverture nuageuse prévue et même la probabilité d’observation à un endroit précis. Couplées aux prévisions météo locales (Vedur.is propose une carte dédiée aux aurores), elles deviennent des outils précieux pour planifier vos « chasses » nocturnes.

Il est toutefois essentiel de garder à l’esprit que ces prévisions restent indicatives. Une nuit annoncée comme « faible activité » peut vous offrir une aurore spectaculaire de 20 minutes, alors qu’un KP 5 sous un ciel bouché ne donnera rien. Le meilleur conseil ? Restez flexible, sortez régulièrement jeter un coup d’œil dehors et n’hésitez pas à vous éloigner de votre hébergement si une trouée dans les nuages se dessine à l’horizon.

Spots photographiques : jökulsárlón, kirkjufell et péninsule de snæfellsnes

En Islande, certains lieux semblent avoir été créés pour servir de décor aux aurores boréales. La lagune glaciaire de Jökulsárlón, par exemple, offre un premier plan spectaculaire avec ses icebergs dérivant paisiblement et leurs reflets sur l’eau sombre. Lorsque les aurores se déploient au-dessus du Vatnajökull, la scène devient presque irréelle : le vert dansant dans le ciel se reflète dans les eaux constellées de glace, créant des compositions photographiques d’une rare intensité.

Plus au nord, le mont Kirkjufell sur la péninsule de Snæfellsnes est devenu une icône pour les chasseurs d’aurores. Sa forme conique parfaitement reconnaissable, associée aux petites cascades de Kirkjufellsfoss au premier plan, compose un tableau idéal pour les longues expositions nocturnes. En hiver, la neige souligne les lignes du relief, et le contraste avec le ciel illuminé par les aurores est encore plus marqué.

De manière générale, la péninsule de Snæfellsnes constitue un excellent point de chute pour observer les aurores : densité de population faible, nombreuses plages sauvages tournées vers le nord, relief varié… Vous y trouverez facilement des premiers plans intéressants pour vos photos : falaises, champs de lave, petites églises isolées. Vous vous demandez où installer votre trépied ? Cherchez d’abord un lieu sombre, à l’abri des lumières directes, puis laissez parler votre sens de la composition.

Pollution lumineuse de reykjavik versus sites isolés de vík í mýrdal

Si vous séjournez à Reykjavik, vous pourrez parfois apercevoir de timides voiles verts au-dessus de la ville lors des nuits très actives. Toutefois, la pollution lumineuse limite fortement le contraste des aurores. Pour en profiter pleinement, il est recommandé de s’éloigner d’au moins 20 à 30 km de la capitale, en direction du parc de Þingvellir ou de la péninsule de Reykjanes, où les cieux sont déjà nettement plus sombres.

À l’inverse, des villages comme Vík í Mýrdal ou Höfn, beaucoup plus petits, offrent un environnement naturellement propice à l’observation. Il suffit souvent de marcher quelques centaines de mètres en dehors de l’agglomération pour se retrouver dans une obscurité quasi totale. À Vík, par exemple, la plage de sable noir et les pitons rocheux de Reynisdrangar constituent un cadre saisissant pour une nuit d’aurores, à condition de rester vigilant face aux vagues.

On pourrait comparer la différence entre ville et campagne à celle d’un écran calibré et d’un écran délavé : l’image est la même, mais le contraste change tout. En privilégiant des hébergements ruraux ou des guesthouses isolées, vous multipliez vos chances d’apercevoir les aurores dès le pas de la porte, sans même avoir à prendre la voiture. Certains établissements proposent même un service de réveil nocturne si une aurore intense est repérée.

Réglages techniques canon et nikon pour capturer les lumières nordiques

Photographier les aurores boréales demande un minimum de préparation technique, mais reste accessible à tout voyageur équipé d’un reflex ou d’un hybride Canon ou Nikon. La règle d’or : travailler en mode manuel. Ouvrez votre objectif au maximum (f/2.8 ou f/4 si possible), réglez la sensibilité ISO entre 1600 et 3200 pour commencer, et choisissez un temps de pose compris entre 5 et 15 secondes selon l’intensité et la vitesse de mouvement de l’aurore.

Sur les boîtiers Canon comme Nikon, désactivez l’autofocus et faites la mise au point manuelle sur l’infini. Une astuce consiste à faire la mise au point en plein jour sur un sujet très lointain, puis à scotcher délicatement la bague de mise au point pour éviter qu’elle ne tourne pendant la nuit. Vous pouvez également utiliser le mode Live View, zoomer sur une étoile brillante et ajuster la netteté jusqu’à ce qu’elle apparaisse comme un petit point le plus fin possible.

Pensez à désactiver la réduction de bruit longue pose, qui double le temps de chaque prise de vue et risque de vous faire manquer des variations rapides du phénomène. Utilisez un trépied stable et, si possible, une télécommande ou le mode retardateur de 2 secondes pour éviter de faire bouger l’appareil en appuyant sur le déclencheur. Enfin, surveillez régulièrement l’histogramme : il vaut mieux une image légèrement sous-exposée que des hautes lumières cramées dans l’aurore. Vous pourrez récupérer les détails dans les ombres en post-traitement.

Circuit cercle d’or et attractions géologiques majeures

Même en hiver, le célèbre Cercle d’Or reste l’un des itinéraires les plus accessibles et les plus spectaculaires d’Islande. Regroupant le parc national de Þingvellir, la zone géothermique de Geysir et la cascade de Gullfoss, ce circuit concentre en une journée les grands thèmes géologiques du pays : tectonique des plaques, volcanisme et puissance des eaux glaciaires. En basse saison, vous profitez de ces sites emblématiques avec une fréquentation réduite, ce qui change radicalement l’expérience.

Parc national de þingvellir : faille tectonique entre plaques nord-américaine et eurasienne

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national de Þingvellir est à la fois un haut lieu historique et un laboratoire naturel à ciel ouvert. C’est ici que se matérialise l’écartement progressif entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, qui s’éloignent l’une de l’autre d’environ 2 cm par an. En marchant dans la faille d’Almannagjá, vous vous trouvez littéralement au cœur de la dorsale médio-atlantique, habituellement enfouie sous l’océan.

En hiver, les parois sombres de la faille se couvrent de glace et de neige, tandis que le lac Þingvallavatn, le plus grand d’Islande, reflète les montagnes environnantes. Les sentiers aménagés restent généralement dégagés, mais des crampons légers sont recommandés pour éviter les glissades. Sur le plan culturel, Þingvellir est aussi le berceau de la démocratie islandaise : c’est ici que l’Alþing, l’un des plus anciens parlements du monde, se réunissait dès l’an 930. Un panneau explicatif permet d’imaginer les assemblées médiévales au milieu de ce décor grandiose.

Pour les plus aventureux, la faille de Silfra, remplie d’une eau d’une clarté exceptionnelle, est accessible à la plongée et au snorkeling toute l’année. En hiver, l’expérience est saisissante : évoluer entre deux continents dans une eau à 2 °C, vêtu d’une combinaison étanche, reste un souvenir inoubliable pour les amateurs de sensations fortes.

Geysir strokkur : éruptions géothermales toutes les 8 minutes

La vallée de Haukadalur, déjà évoquée pour son activité géothermique, fait officiellement partie du circuit du Cercle d’Or. Si le geyser historique Geysir est aujourd’hui quasi inactif, son voisin Strokkur assure le spectacle avec des éruptions régulières toutes les 5 à 8 minutes. En hiver, la vapeur qui s’élève en colonnes épaisses est particulièrement visible sur fond de ciel sombre ou de montagnes enneigées, rendant le phénomène encore plus photogénique.

Observer Strokkur, c’est assister en direct au dégazage de l’immense chaudière géothermique qui alimente la région. Avant chaque éruption, la surface de la mare forme une bulle parfaite, gonflant comme une lentille bleutée avant d’exploser en gerbe. Pour immortaliser ce moment, réglez votre appareil en vitesse rapide (1/1000 s ou plus), en rafale, et déclenchez dès que la bulle commence à se former.

Le site reste accessible même en cas de neige, mais les trottoirs peuvent être glissants : respectez les barrières de sécurité et les zones interdites, les sols pouvant être brûlants à quelques centimètres seulement de la surface. En faisant le tour du champ géothermique, vous découvrirez également de nombreuses petites sources chaudes, aux couleurs allant du bleu laiteux au jaune soufre, qui témoignent de la diversité chimique des fluides présents dans le sous-sol.

Cascade de gullfoss et débit hivernal du fleuve hvítá

Dernière étape classique du Cercle d’Or, la cascade de Gullfoss impressionne par sa puissance en toute saison. En hiver, une partie de ses parois se recouvre de glace, donnant l’impression d’un gigantesque palais de cristal. Le fleuve Hvítá, alimenté par les eaux de fonte du glacier Langjökull, voit son débit fluctuer selon les températures, mais reste généralement soutenu même pendant les mois les plus froids.

Le spectacle est particulièrement saisissant lorsque la brume glacée se cristallise sur les garde-corps et les rochers environnants, formant des sculptures de glace naturelles. Les sentiers menant aux différents points de vue sont entretenus, mais peuvent être partiellement fermés si le verglas devient trop important. Là encore, de bons crampons à fixer sur vos chaussures font toute la différence entre visite confortable et progression délicate.

La légende de Gullfoss, liée au combat d’une paysanne contre un projet de barrage au début du XXe siècle, confère au lieu une dimension symbolique forte. Aujourd’hui protégée, la « chute d’or » incarne la volonté islandaise de préserver ses merveilles naturelles tout en tirant parti de son immense potentiel hydroélectrique ailleurs dans le pays.

Hébergement et infrastructure touristique en période creuse

Contrairement à certaines idées reçues, l’Islande ne se met pas en pause durant l’hiver. L’infrastructure touristique reste opérationnelle, même si elle fonctionne à un rythme plus calme. Pour le voyageur, c’est l’occasion de profiter de la disponibilité accrue des hébergeurs, d’un accueil plus personnalisé et parfois de tarifs avantageux, tout en ayant accès aux principaux services nécessaires à un road-trip.

Guesthouses islandaises versus hôtels de reykjavik et akureyri

En dehors des grandes villes, l’hébergement en Islande repose largement sur un réseau de guesthouses familiales, de fermes auberges et de petits hôtels indépendants. En basse saison, ces établissements accueillent souvent moins de clients, ce qui se traduit par des échanges plus chaleureux avec les propriétaires, souvent ravis de partager anecdotes et conseils sur leur région. Les chambres sont généralement simples mais confortables, avec une importance particulière accordée au chauffage et à la literie, essentiels après une journée passée dehors.

À Reykjavik et Akureyri, l’offre hôtelière est plus diversifiée, allant des auberges de jeunesse aux hôtels de charme. En hiver, les prix baissent sensiblement et il devient possible de s’offrir un établissement mieux classé pour un budget similaire à celui d’une chambre standard en été. Ces villes constituent d’excellentes bases de départ pour explorer les environs, tout en profitant de restaurants, cafés et musées pour occuper les soirées ou les journées de mauvais temps.

Quelle que soit la formule choisie, la réservation en amont reste recommandée, même hors saison, notamment lors des périodes de fêtes ou d’événements spéciaux. Certaines guesthouses ferment quelques semaines pour congés ou travaux, et les places peuvent se remplir rapidement dans les régions les plus prisées comme le sud ou la péninsule de Snæfellsnes.

Sources thermales naturelles : landmannalaugar et blue lagoon

Les bains chauds font partie intégrante de l’ADN islandais, et un voyage hivernal ne serait pas complet sans quelques immersions dans ces eaux naturellement chauffées par la géothermie. Le Blue Lagoon, proche de l’aéroport de Keflavik, reste la station thermale la plus connue. Son eau laiteuse chargée de silice, à 38-39 °C, contraste délicieusement avec l’air froid ambiant. En hiver, la vapeur qui s’élève du bassin renforce l’ambiance irréelle du lieu.

Si vous recherchez des expériences plus confidentielles, de nombreuses sources naturelles ou piscines géothermales municipales parsèment le pays. La plupart des villages disposent d’une piscine couverte ou en plein air, souvent équipée de plusieurs hot pots à différentes températures. Ces bains, fréquentés surtout par les locaux, sont beaucoup plus abordables que les grandes stations touristiques et offrent une immersion authentique dans le quotidien islandais.

En revanche, des sites emblématiques comme Landmannalaugar, célèbre pour ses bains naturels au cœur des montagnes rhyolitiques, restent difficilement accessibles en plein hiver en raison de la fermeture des pistes. Des excursions en super-jeep peuvent parfois y être organisées par des agences spécialisées, mais il s’agit alors d’expéditions encadrées, coûteuses et très dépendantes des conditions météo. Pour la plupart des voyageurs, il sera plus raisonnable de garder Landmannalaugar pour un futur voyage estival et de se concentrer en hiver sur les sources chaudes plus facilement accessibles.

Fermetures saisonnières des westfjords et hautes terres centrales

La contrepartie d’un voyage en Islande hors saison est la fermeture temporaire de certaines régions reculées. Les Westfjords, par exemple, restent en grande partie isolés durant l’hiver : les routes de montagne qui relient les fjords peuvent être régulièrement coupées par la neige et le verglas, et certains hébergements ferment complètement jusqu’au printemps. Il est certes possible de s’y rendre, mais cela nécessite une grande flexibilité, un véhicule parfaitement adapté et une tolérance élevée à l’imprévu.

Les Hautes Terres centrales, quant à elles, sont quasi intégralement fermées à la circulation de septembre à fin juin. Les pistes F qui traversent ces déserts volcaniques et ces plateaux d’altitude disparaissent sous la neige et les rivières non pontées deviennent infranchissables. L’accès à cette Islande « interne » se fait alors uniquement dans le cadre d’expéditions encadrées en super-jeep, en motoneige ou à ski de randonnée, réservées à un public expérimenté.

Pour un premier voyage hivernal, il est donc judicieux de concentrer votre itinéraire sur la côte sud, l’est jusqu’au Vatnajökull, la région de Reykjavik, la péninsule de Snæfellsnes et éventuellement le nord autour d’Akureyri et du lac Mývatn, lorsque les conditions routières le permettent. Ces zones offrent déjà une densité impressionnante de sites volcaniques, de glaciers et de spots d’aurores, tout en bénéficiant d’une infrastructure routière plus fiable en hiver.

Équipement technique indispensable pour l’aventure hivernale islandaise

Un bon équipement est la clé d’un voyage réussi en Islande en hiver. Avec des conditions pouvant passer du calme plat au blizzard en quelques heures, il est essentiel de penser son sac non pas comme un simple bagage, mais comme une véritable « boîte à outils » pour affronter le froid, le vent et l’humidité. Un voyageur bien équipé profitera beaucoup plus de chaque sortie, là où un équipement insuffisant peut transformer la moindre balade en épreuve.

Vêtements techniques Gore-Tex et système multicouche thermique

Le principe du système multicouche est simple mais redoutablement efficace : plutôt qu’un gros manteau unique, vous superposez plusieurs couches fines qui emprisonnent l’air et régulent la température. La première couche, au contact de la peau, doit être en matière technique ou en laine mérinos, afin d’évacuer la transpiration. La deuxième couche assure l’isolation thermique : polaire épaisse ou doudoune synthétique, facile à enfiler ou retirer selon l’activité.

Enfin, la couche externe joue le rôle de bouclier contre le vent, la neige et la pluie. Une veste imperméable et respirante type Gore-Tex, dotée d’une capuche ajustable, est idéale pour un voyage en Islande hors saison. Pour le bas du corps, un pantalon de randonnée chaud, éventuellement complété par un sur-pantalon imperméable, vous protégera des projections d’eau et du vent. N’oubliez pas les extrémités : bonnet couvrant bien les oreilles, collant thermique, chaussettes en laine épaisses et gants doublés, complétés par des sous-gants fins pour manipuler votre appareil photo sans vous geler les mains.

Vous vous demandez s’il est nécessaire d’investir dans des vêtements très techniques pour une semaine sur place ? Voyez cela comme une assurance : un bon équipement vous servira pour d’autres voyages ou activités hivernales, et fera réellement la différence entre un séjour subi et un séjour savouré.

Crampons yaktrax et bâtons de randonnée télescopiques

En Islande l’hiver, la glace est partout : parkings, sentiers menant aux cascades, trottoirs des villages… Pour rester stable, un accessoire simple change tout : les crampons légers de type Yaktrax ou équivalent, qui se fixent sous vos chaussures de randonnée. Composés de chaînes ou de petites pointes métalliques, ils améliorent considérablement l’adhérence sur les surfaces gelées et réduisent le risque de chute, particulièrement près des falaises ou des cascades où le sol est souvent verglacé.

Les bâtons de randonnée télescopiques complètent avantageusement cet équipement. Ils offrent un appui supplémentaire sur la neige ou le verglas, soulagent les genoux en descente et aident à garder l’équilibre lorsque le vent souffle fort. Choisissez des modèles réglables, faciles à replier pour les transporter dans le véhicule ou en cabine d’avion. Sur des randonnées courtes, ils peuvent sembler superflus, mais sur plusieurs heures de marche dans la neige, vous apprécierez leur soutien.

Certains prestataires locaux fournissent crampons et bâtons pour les activités encadrées (marche sur glacier, grotte de glace). Toutefois, disposer de votre propre matériel vous assure de l’avoir à disposition à tout moment, y compris pour les visites librement organisées autour des sites majeurs.

Matériel photographique résistant aux températures négatives

Les conditions hivernales islandaises mettent à rude épreuve le matériel photo. Le froid réduit l’autonomie des batteries, l’humidité et les embruns salés peuvent endommager les composants, et la condensation menace dès que l’on rentre dans un environnement chauffé. Pour parer à ces contraintes, prévoyez au minimum deux à trois batteries supplémentaires pour votre boîtier, que vous garderez au chaud dans une poche intérieure de votre veste, près du corps.

Un trépied robuste, mais relativement léger, est indispensable pour les photos d’aurores boréales et les poses longues sur les cascades ou les lagunes glaciaires. Optez pour des verrous de jambes faciles à manipuler avec des gants. Protégez votre appareil et votre objectif avec une housse de protection contre la pluie ou, à défaut, un simple sac plastique bien ajusté peut faire office de pare-pluie d’appoint. Ayez toujours un chiffon microfibre à portée de main pour essuyer gouttes et flocons.

Enfin, pour éviter la condensation, une astuce simple consiste à placer votre boîtier dans un sac hermétique avant de rentrer dans un endroit chauffé. Laissez-le se réchauffer progressivement à l’intérieur du sac pendant une trentaine de minutes avant de l’ouvrir. En prenant soin de votre matériel de cette manière, vous vous assurez de pouvoir capturer sans stress chaque instant de cette aventure islandaise hors saison, entre volcans fumants et aurores boréales dansantes.

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